Vie rurale
La grande majorité des Tibétains sont des paysans, qui ont une vie très rude. Sur le Toit du Monde, le sol est aride, l'hiver long, les plaines cultivables rares.

Les agriculteurs, qui vivent dans de petits villages isolés, plantent surtout de l'orge, céréale bien adaptée à l'altitude. (Dans les années 60, le plan quinquenal chinois prévoyait de faire pousser du blé ... on dut obéir et le pays connut une immense famine !). On moud l'orge en farine, qu'on grille: c'est la tsampa, nourriture de base qu'on mélange au thé notamment. Dans les vallées bien orientées, où l'eau abonde, on trouvera toutes sortes de légumes... mais la saison est courte !

La richesse du paysan tibétain est bien sûr le yack : sorte de gros buffle des hauts plateaux (il vit jusqu'à 6000 mètres d'altitude) qui tire la charrue, s'attelle parfois, fournit le lait (beurre), la viande, la graisse et la peau. Son poil donne une laine très chaude (principale exportation) et avec sa queue, on tresse des ficelles extrêmement solide, on en fait des parures recherchées: évantails, chasse-mouches.
  Le yack mâle peut peser jusqu'à 700 kilogrammes; il a un pelage marron foncé, une fourrure aux très longs poils qui lui permet de passer des hivers dehors... souvent à moins 40°!

C'est un herbivore aux cornes majestueuses, avec une bosse proéminente; toute la culture du Tibet dépend directement du yack, qui correspond à ce qu'est le renne pour la toundra, le chameau pour le désert, le cheval aux steppes.

D'ailleurs, le paysan tibétain élève aussi des chevaux, possède des troupeaux de moutons, de chèvres et de dzos (bâtard yack-vache).

Les villages vivent souvent en autarcie, s'adonnent à leurs dures tâches d'agriculteurs de montagne selon la tradition : au Pays-des-Neiges, les méthodes n'ont guère changé depuis des millénaires. Une bonne partie de la population est encore nomade. Et pourtant, le Tibétain rit tout le temps et les femmes chantent encore dans les champs.